Le secteur primaire du Togo représente environ 38,4% du PIB (Direction de l’Economie, 2008) et occupe environ 75% de la population active. Il se compose principalement de l’agriculture, de l’élevage et de la sylviculture. Le taux de croissance du secteur est de 7.1% en 2009 contre 3.4% en 2008. (plan d’investissement agricole 2010-2015)
L’agriculture de rente et vivrière auxquelles s’adonne la majeure partie de la population paysanne se pratique dans de petites unités familiales au gré des conditions météorologiques. Ces exploitations ne sont que très peu regroupées en coopératives et, ne permettent pas ainsi le financement des capacités de stockage, et d’une plus forte mécanisation.
Les cultures vivrières ont enregistré une croissance moyenne de 5,5 % sur les dernières années. Les cultures d’exportation que sont le café, le sucre et le cacao sont confrontées au vieillissement des plantations et enregistrent régulièrement des performances en réduction. Les mécanismes de fonctionnement et d’intervention sur ces marchés ont favorisé les traders par rapport aux producteurs et exportateurs et ont donc découragé les investissements dans le secteur.
Quant à la culture du coton, elle a connu de sérieux problèmes relatifs à la mal gouvernance, à la fourniture irrégulière des intrants, aux retards importants des paiements des cotonculteurs et à la chute des cours mondiaux, ce qui a entraîné une baisse très importante de la production. La baisse de la production de coton graine est particulièrement dommageable pour l’économie togolaise. En effet, la forte progression de la production de coton graine enregistrée par la SOTOCO au cours des années 90 a encouragé des opérateurs économiques privés à implanter des capacités d’égrenage supplémentaires dans le pays en plus de celles qui existaient déjà. Ces initiatives ont vu la création d’unités telles que la SOPIC, la SOCOSA et la SICOT. La baisse de la production de coton graine a contraint ces unités industrielles dans un premier temps à fonctionner en-deçà de leur seuil de rentabilité puis à fermer purement et simplement avec des implications graves notamment pour le personnel, et les institutions financières qui avaient consenti des prêts aux promoteurs de ces entreprises.
D’une manière générale les terres sont sous-exploitées, l’agriculture est peu mécanisée et la productivité y est très faible avec une absence de grandes cultures vivrières comme le riz, le maïs et le sucre, ce qui oblige le Togo à être fortement importateur. Ce manque d’autosuffisance alimentaire expose le Togo à la fluctuation des cours mondiaux de céréales, ce qui peut aller jusqu’à une situation de crise alimentaire.
La pêche est restée traditionnelle alors que les ressources du littoral du Togo permettraient d’envisager une plus grande implication des secteurs public et privé dans cette activité. La pisciculture, constituée de bassins artificiels créés pour la culture halieutique, est quasi-inexistante.
La sylviculture a également subi de grands dégâts dus à l’abattage incontrôlé des arbres pour la production du bois de chauffe et du charbon de bois, la reconstitution organisée des forêts n’étant pas assurée. Le Togo comptait en 1970 4.800 km2 de forêt dense, il n’en compterait plus aujourd’hui que 1.200 km2.
La pratique de l’élevage demeure modeste avec 37.000 têtes de bétail, en stagnation pendant des années, connait aujourd’hui une croissance de l’ordre de 5 à 6%.
D’une manière générale, on constate un manque d’intégration amont-aval entre le secteur primaire et le secteur secondaire, obligeant le Togo à importer la plupart de ses denrées vivrières. De surcroît, l’absence d’infrastructures routières et ferroviaires dans les régions agricoles rend l’acheminement des productions très difficile.
Mais depuis 2009, le Gouvernement a consacré plus de ressources et d’attention au secteur et nous avons assisté en 2010 à une sensible amélioration de la situation avec un excédent céréalier de 108.000 tonnes (la production totale de céréales a été de 938.000 tonnes, dont 830.000 destinés à la consommation locale – republicoftogo.com) et à une mécanisation progressive du secteur.
Le Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA) découlant du pacte signé en 2009 entre le Gouvernement, le Secteur privé et les producteurs pour la période de 2009-2015, comptent une soixantaine de projets nationaux répertoriés et mobilise environ 900 milliards de FCFA. La majorité de ces projets est inscrite au programme d’investissement public, ce qui devrait permettre d’améliorer la situation du secteur primaire Togolais.
Ce programme s’appuiera sur des investissements durables permettant de réaliser à l’horizon 2011 une croissance annuelle estimée à 6% pour la production agricole, 4,1% pour l’élevage et 4,3% pour la production halieutique. Les estimations affichent une tendance haussière à l’horizon 2015 avec des taux de croissance passant à 7,1% pour l’agriculture, 6,4% pour l’élevage et 6,7% pour la pêche. Les effets induits de cette croissance devraient permettre de renforcer la sécurité alimentaire, améliorer le PIB agricole, la balance commerciale et les revenus des populations.