Le secteur tertiaire au Togo est très diversifié mais malheureusement pas toujours règlementé. Ce secteur qui représente 40% du PIB, est dominé par le commerce de gros et de détail.
La paupérisation de la société togolaise et le manque de soutien de l’Etat ont changé les donnes du commerce togolais qui avait un avantage comparatif dans la sous région avec particulièrement son port en eau profonde. Ce secteur a basculé graduellement dans le secteur informel et certains leaders comme la S3G et les Nanas Benz ont disparu privant le Togo de son leadership dans le commerce du tissu et des produits alimentaires au profit des pays voisins.
Le secteur des services est en expansion surtout celui des télécommunications qui néanmoins n’a pas d’effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie, celui-ci ayant raté le virage de la fibre optique, rendant le Togo dépendant de ses pays voisins dans un domaine très stratégique qu’est celui des NTIC.
Les services bancaires, s’ils sont en évolution rapide avec les nombreuses réformes mises en place en matière de systèmes et moyens de paiement par la BCEAO, ont une efficacité limitée avec des délais de transfert très longs associés à des coûts importants.
Avec 11 établissements bancaires, 2 établissements financiers, la composition du secteur bancaire au Togo n’a pas connu d’évolution en 2009 et en 2010. En revanche, la restructuration par l’Etat du Togo des créances en souffrance pour un montant de 88 milliards de F CFA, intervenu en fin d’année 2008, a amélioré considérablement la situation financière du système bancaire du Togo, permettant aux banques concernées de transformer les créances visées en titres de créance sur l’Etat du Togo. Cette restructuration a permis de redynamiser l’offre des banques ainsi que la concurrence sur le marché bancaire Ainsi, au 31 décembre 2009 l’encours de crédits distribués par les banques s’est accru de 7%, s’établissant à 336 milliards de F CFA contre 314 milliards de f CFA à la même période de l’exercice précédent contre une stagnation des encours de crédit entre 2007 et 2008. La croissance des ressources collectées a été encore plus marquée ; au 31 décembre 2009 les banques du Togo avaient collectés 544 milliards de F CFA de dépôt à vue et à terme contre 465 milliards en 2008, soit prés de 17% de plus. Enfin on peut noter qu’en 2009 et en 2010 les banques au Togo ont procédé à l’augmentation de leur capital, le portant à 5 milliards de F CFA conformément aux nouvelles normes édictées par le régulateur en vue de renforcer la solidité du système bancaire de l’Union.
Cependant, cette amélioration ne doit pas cacher les limites du système bancaire du Togo dont les plus importantes sont:
-Le besoin de formation et renouvellement ressources humaines
-La faible capacité de financement des investissements
-La faible capacité de financement de l’immobilier
-L’importance du marché de change et de transfert parallèle
-L’importance des risques liés à la manipulation d’espèces
-Les difficultés d’accès de la population aux services bancaires, taux de bancarisation encore faible
-La précarité de l’environnement judiciaire
Il faut toutefois noter des améliorations au nombre desquelles on peut citer la nouvelle réglementation fiscale autorisant:
-les entreprises à déduire de leur résultat fiscal les charges afférentes au paiement en faveur des compagnies d’assurances des primes d’indemnités de fin de carrière,
-les banques et établissements financiers à déduire les provisions constituées sur créances douteuses de leur résultat fiscal.
Un autre point positif et non négligeable est le taux de bancarisation (pourcentage de la population active) de 21,6%, du fait de la transformation de la Caisse d’Epargne et de Crédit du Togo en « Banque populaire », très loin devant la Côte d’Ivoire (10,7 %). La faiblesse du niveau des exportations, le déficit chronique de la balance des paiements et le problème de trésorerie des banques constituent un frein considérable au développement futur des investissements privés.
Le secteur des Assurances évolue dans un environnement difficile : un marché restreint, une population peu imprégnée de la culture d’assurance avec un faible pouvoir d’achat, le non respect des obligations d’assurance, le manque de contrôle de ces obligations par les autorités…
Malgré une croissance continue enregistrée par le secteur au cours de ces trois dernières années et avec un chiffre d’affaires global de 24.273.664.000 F.CFA en 2009, le marché de l’assurance avec son faible taux de pénétration n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière et peine à occuper une place de choix dans l’économie du pays (1,6% du P.I.B.).
Le secteur n’assure pas pleinement son rôle de pourvoyeur de ressources pour le financement de l’économie faute d’une stratégie claire sur le régime des retraites par capitalisation, d’une fiscalité adaptée sur les régimes d’assurance vie et à cause de la faiblesse des émissions au regard des potentialités du marché.
Cette faiblesse est due en partie au fait que l’Etat n’a pas rendu obligatoire la souscription d’un certain nombre d’assurances (Responsabilité Civile des professions libérales, des Entreprises de BTP, des Hôtels et Agences de voyage, R.C. Scolaire, Assurance Dommages à l’ouvrage et R.C. Décennale) et ne contrôle pas suffisamment le respect des assurances déjà rendues obligatoires (Automobile, Transport des marchandises à l’importation). La recapitalisation récente des Compagnies d’assurance avec l’obligation de porter leur Capital Social à un minimum de 1.000.000.000 FCFA au lieu de 500.000.000 FCFA contribue à renforcer leurs situations financières et par là, leurs capacités de placement de fonds. Cependant, les opportunités d’affaires restent limitées dans l’immédiat pour rentabiliser convenablement ces nouveaux fonds propres à cause principalement, des problèmes évoqués ci-dessus.
Enfin , il faut saluer la décision des autorités, dans la Loi de Finances 2009, de défiscaliser les provisions pour Indemnités de Fin de Carrière (IFC) à condition d’externaliser cette provision auprès d’une compagnie d’assuranagréée au TOGO. Cette nouvelle loi qui présente une belle opportunité pour les entreprises de tous les secteurs permettra certainement au secteur de l’assurance de renforcer sa capacité de mobilisation de fonds et de financement de l’économie.